LULLY, L'ILLUSTRE LIBERTIN - Samedi 28 novembre 2020

En ne lisant que les premières lettres de chaque ligne de l'énigme, vous découvrirez le nom de l’un de nos plus fameux compositeurs : LULLY.

Aujourd’hui, nous célébrons son anniversaire, il aurait eu 388 ans !

Alors profitons de l’occasion pour mieux connaitre Jean-Baptiste Lully car, certes, il était créatif, inventif et doté du génie de la musique, mais il était également arriviste, colérique, sans parler de ses mœurs…modernes, dirons-nous.

Gianbattista Lulli nait donc le 28 novembre 1632, à Florence. Il fera franciser son nom en Jean-Baptiste Lully en 1661. Fils d’une humble famille de meuniers, il gagne la cour de France grâce au Duc de Guise qui souhaite en faire le professeur d’italien particulier d’Anne-Marie Louise d’Orléans, dite La Grande Mademoiselle. On raconte que cette dernière, à la vue du jeune homme, le trouva si hideux qu’elle l’envoya aux cuisines avant même qu’il puisse dire un mot.

On ne sait pas exactement comment Lully passa des cuisines aux planches du théâtre. Toujours est-il que c’est en 1653, alors qu’il est engagé comme danseur pour une représentation du Ballet de la Nuit, qu’il va rencontrer un jeune homme : Louis de Bourbon, futur Louis XIV, et lui aussi, danseur émérite.  Débute alors une franche amitié entre les deux hommes.

Habile courtisan (et un tantinet arriviste), Lully acquiert du pouvoir et se fait une place de choix auprès du roi : tantôt bouffon, tantôt violoniste personnel, tantôt entremetteur de ses amours avec Marie Mancini. Il devient finalement Surintendant de la musique royale et compose de nombreuses œuvres (une par an jusqu’à sa mort !) dont des ballets allégoriques mettant en scène le Soleil, au centre de l’univers. Il travaille régulièrement avec Molière à la création d’un genre nouveau : la comédie-ballet, mêlant théâtre, danse et opéra. Le Bourgeois Gentilhomme et Georges Dandin en sont les exemples les plus parlants. Leur collaboration ne dure pourtant pas. Lully décide finalement de faire cavalier seul quand, en 1669, il voit l’opportunité de racheter à Pierre Perrin (un poète en faillite) le privilège de l’opéra et de réimprimer toutes les comédies-ballets créées avec Molière en son nom propre. En dehors de lui, personne ne peut monter de nouvel opéra, sous peine d’amende !

Il est certain qu’en se hissant sur les plus hautes marches du pouvoir (surtout en jouant des coudes), Lully ne se fait pas que des amis. Il est souvent décrit comme ayant un « fort caractère », pour ne pas dire « un caractère exécrable ». Sa réputation sexuelle n’aide pas à améliorer son image. Disons qu’il ne se contente pas de courir les jupons… Ses « mœurs italiennes » (c’est ainsi que l’on nommait l’homosexualité à l’époque) sont de notoriété publique. Molière et La Fontaine l’avaient même surnommé « Le Paillard ». En 1686 éclate un scandale. Poussé par Madame de Maintenon, le roi Louis XIV ferme de moins en moins les yeux sur ses frasques. A tel point que ce dernier refusera d’assister aux représentations données par le compositeur.

L’année suivante, en 1687, alors qu’il fait répéter son Te Deum, Lully s’emporte sur l’un de ses musiciens et se blesse grièvement l’orteil avec le lourd bâton lui servant à battre la mesure (quand on vous dit qu’il était colérique…). Sa jambe ne tarde pas à s’infecter, la gangrène le gagne. Refusant qu’on ampute son pied de danseur, il mourra peu après, âgé de cinquante-quatre ans.

Si le sujet vous intéresse, nous vous conseillons le film Le Roi Danse, de Gérard Corbiau (2000). Il retrace les débuts de trois hommes appelés à faire de grandes choses : Louis XIV, Molière et Lully.

A la semaine prochaine pour une nouvelle énigme et un nouveau Point Culture !
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

http://sitelully.free.fr/polemique3.htm

https://www.francemusique.fr/musique-baroque/10-petites-choses-que-vous-ne-savez-peut-etre-pas-sur-jean-baptiste-lully-33331

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Lully

 

Crédits images :

Jean-Baptiste Lully par Mignard. Département Musique © Bibliothèque Nationale de France.

Scénographie de l'opéra Bellérophon de Jean-Baptiste Lully, XVIIIe siècle. © Getty - Heritage Images

Cadmus et Hermione, opéra mis en scène par Benjamin Lazar © E. Carecchio


 

LES BOOKWOMEN - Samedi 21 novembre 2020

Vous l’aurez sans doute deviné, la solution de l’énigme de ce matin était « Librairie », mais dans son sens anglo-saxon : « Library » signifiant en français « Bibliothèque ».

Aujourd’hui, et pour ce premier Point Culture, nous avons une pensée particulière pour les libraires et bibliothécaires forcés de fermer leurs portes au public à cause de la pandémie. 

Aussi, nous vous proposons de découvrir notre premier sujet, celui du projet « Pack Horse Library » et des « bookwomen » lancé dans les années 30 dans la région des Appalaches, aux Etats-Unis.

Un premier projet voit le jour en 1913, porté par May F. Stafford. Ces bibliothèques nomades permettent à des communautés reculées du monde d’échapper à la pauvreté et d’accéder à l’éducation pour le biais de la lecture. Le Kentucky, du fait de son isolement géographique, est particulièrement touché : près de 31% de la population est illettrée.

Après la crise de 1929, pendant la période que l’on appellera la Grande Dépression, beaucoup de bibliothèques furent contraintes de fermer, faute de financement. C’est dans le cadre du programme Work Projects Administration (WPA), initié par F. D. Roosevelt, que le projet « Pack Horse Library » refait surface avec, notamment, le concours d’un prêtre presbytérien qui fit don de l’intégralité de sa bibliothèque.

En 1936, le projet compte huit bibliothèques actives et embauche des « bookwomen » (à traduire par « femmes aux livres ») qui vont fournir les habitants et les écoles des Appalaches à dos de cheval ou de mule. Chaque bibliothèque dispose d’un bibliothécaire en chef (chargé de la logistique : lieu de stockage, matériel…) et de quatre à dix « bookwomen ». Ces dernières peuvent parcourir jusqu’à 200 km par semaine le long de routes parfois difficiles et par toutes les météos. Les livres les plus demandés par les habitués sont la Bible et la littérature éducative pour enfant. Mais elles apportent aussi des livres et des journaux sur des thèmes variés : actualité, Histoire, religion, recette de cuisine, patron de couture…

Au fil du temps, les « bookwomen » parviennent à amadouer ces communautés rurales et, parfois farouches à l’idée d’accueillir des étrangers. A tel point que certaines deviennent également des éducatrices. En plus de livrer les livres, elles en font parfois la lecture ou apprennent à lire aux enfants comme aux adultes.

Au total, trente bibliothèques verront le jour, fournissant quelques centaines de milliers de personnes grâce aux deux-cent employés, principalement des femmes. Faute de financement (encore), le projet s’arrêtera en 1943, avant de reprendre dans les années 50 sous une forme plus moderne, celle d’un bibliobus.

L’occasion pour nous de rappeler la présence du médiabus de GPSEA tous les jeudis, de 15h à 18h sur le parking du collège Georges BRASSENS.

A la semaine prochaine pour une nouvelle énigme, et un nouveau Point Culture !

 

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Pack_Horse_Library

Images : https://www.atlasobscura.com/articles/librarians-horseback-new-deal-book-delivery-wpa